La sténotypie a été inventée en 1909 par Marc Grandjean et possède ainsi plus de 100 ans d’histoire. Au début du XXe siècle, la première sténotype est créée, construite par ce même homme. Elle est actuellement exposée au musée parisien des Arts et des Métiers à Paris.

Elle a été conçue et créée, afin de répondre à la question suivante : « Comment consigner de façon durable ce qui ne laisse aucune trace : la parole ? ».

En effet, l’écriture, sous toutes ses formes, existe depuis bien des millénaires. Elle permet de fixer les idées et de les transmettre. En revanche, elle est aussi très lente. C’est pourquoi, au fil des années, chaque personne qui voulait retranscrire la parole, à l’aide du système d’écriture, utilisait un système de codage qui permet d’en accélérer le processus. Ceux qui en font actuellement le plus l’expérience sont les étudiants et ceux qui écrivent en format SMS.

Le point de départ de l’écriture est qu’il ne faut qu’un temps pour une parole. En revanche, il en faut plus pour l’écrire. Ainsi, a été pensée par Marc Grandjean l’idée d’une machine spécifique, afin de proposer un système de codage pouvant s’affranchir de toutes les contraintes orthographiques et permettre de taper aussi vite que la parole. C’est ainsi que la sténotype est née, permettant de retranscrire les sons avec un minimum de touches sur le clavier. Cette machine a d’ailleurs beaucoup évolué depuis son invention, s’est informatisée, ce qui permet, actuellement, la transcription simultanée.

Quelques définitions utiles

  • La sténotype : « machine pour transcrire, à la vitesse de la parole la plus rapide, des textes sous une forme phonétique simplifiée. La sténotype possède un clavier ergonomique de vingt et une touches représentant chacune un caractère grâce auquel les sons sont transcrits ». Larousse
  • Le sténotypiste : il s’agit d’une personne dûment diplômée en mesure d’utiliser la sténotype, de sorte que toute la parole puisse être transcrite à sa vitesse normale. C’est pourquoi, pour prétendre au titre de sténotypiste, il est nécessaire d’être titulaire du diplôme délivré par la Sténotype Grandjean et qui est homologué par l’État. Ce diplôme exige la vitesse de 220 mots/minutes. Afin d’atteindre cette vitesse, il faut une solide et longue formation.
  • La sténotypie : la prise sténotypique est basée sur la phonétique. Le travail s’effectue uniquement sur la transcription des phonèmes (ou syllabes ou sons) et ne prend donc pas en compte les fautes d’orthographe. Ainsi, un sténotypiste tape sur sa sténotype comme un pianiste pianoterait sur son piano.

La bande papier : avant que l’informatique ne soit créée

À l’origine, toutes les sténotypes étaient munies d’un rouleau papier sur lequel étaient retranscrits les caractères tapés. Le sténotypiste reprenait ensuite la bande et réécrivait en français l’ensemble du contenu.

De nos jours, et grâce à l’informatique, cette bande n’est plus utilisée, puisqu’un fichier informatique de sténogrammes l’a remplacée.

En cas de litiges, les tribunaux se réservent le droit de saisir l’ordinateur pour y retrouver les comptes rendus, car ils font foi. Les sténotypistes doivent garder les transcriptions un an avant de les détruire.

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Transcription de la Sténotypie Assistée par Ordinateur

Avec l’ordinateur, la sténotypie a fait sa deuxième révolution. En effet, les bandes permettaient de retranscrire tout le discours, mais c’était un lourd travail que de le réécrire en français. Le décodage répond à des règles précises, identiques à celles ayant conduit à son avènement. Ainsi, il a fallu créer un logiciel couplant de multiples règles inhérentes à la sténotypie, orthographiques et de syntaxe permettant de retranscrire simultanément, soit en direct, soit en différé alors qu’autrefois, il fallait plusieurs jours : c’est la Transcription Assistée par Ordinateur.

La transcription : tout un art

Le décodage du code sténotypique n’est pas un acte très simple, surtout dans la langue française. En effet, la grammaire, la conjugaison et la syntaxe sont très complexes et, même à notre ère, aucun système informatique ne peut retranscrire en « zéro faute ». Les meilleures transcriptions se rapprochent des 5% d’erreurs, qui concernent principalement les noms propres, les néologismes, les impossibilités de choix grammaticaux, les lacunes des dictionnaires ou encore les confusions phonétiques et les erreurs de frappe.

Il est donc nécessaire de corriger toutes ces petites erreurs à la main. Une transcription achevée et réussie est une transcription rendue dans un français parfait.

La vitesse de saisie est importante en sténotypie

Lorsque l’on parle de vitesse de saisie, on se doit d’être précis. Il existe un grand nombre de techniques permettant de retranscrire les dialogues : de la dactylographie simple à la sténotypie.

Cependant, l’unique technique permettant de noter la parole à sa vitesse naturelle est la sténotypie.

La vitesse de la parole :  elle peut aller du simple au double selon les orateurs. Parfois même, les intervenants se chevauchent, la parole est coupée, le débit est accéléré puis ralenti, l’interlocuteur bafouille, avale ses mots, élève la voix. En outre, la vitesse de frappe du sténotypiste doit être supérieure à celle des interlocuteurs, afin de lui permettre de noter le nom de chacun d’entre eux, ainsi que les incidents de séance (applaudissements, mouvements divers, etc.).

Un bon sténotypiste doit être en mesure de taper 220 mots/minute, s’il veut rendre un travail correct, sérieux et fidèle.

Chez ATOS, l’ensemble de nos sténotypistes répond à ces critères de sélection. À la radio, les journalistes ou les animateurs de télé peuvent parler à 220 mots/minute, voire même à 240 mots/minute. Chez ATOS, nous comptons parmi nos membres la sténotypiste championne du monde de vitesse depuis 1970 à 260 mots/minute.

Certes, la vitesse de saisie est importante, mais il faut savoir allier cette performance à la qualité d’un compte rendu d’excellente qualité.